OPEN, l’autobiographie d’AndrĂ© Agassi

images

 

            Nous souhaitions revenir sur l’ouvrage rĂ©cent de cet immense champion qu’est AndrĂ© Agassi. Tout au long du texte nous dĂ©couvrons le parcours extrĂŞmement difficile qu’il a dĂ» arpenter pour parvenir Ă  la carrière qui a Ă©tĂ© la sienne : n°1 mondial, 8 tournois du grand chelem sur les 4 surfaces diffĂ©rentes et une mĂ©daille d’or Olympique pour faire court…

Ce livre montre bien l’importance de la stabilité psychologique dont nous parlions dans l’article « Quelle approche pour la compétition ? ». Nous apporterons donc un regard particulier sur le récit d’Agassi que nous diviserons en trois phases principales qui, selon nous, illustrent bien la démarche de celui que Dan Millman a nommé : « l’athlète intérieur » ; celui qui vit les choses, pas le sujet de discussion des observateurs extérieurs. Ces trois phases semblent se succéder dans l’ordre suivant : la prise de conscience de ce qui lui permettra l’accès au plus haut niveau, puis la recherche des moyens concrets pour y arriver, et le passage à l’action. Nous évoquerons enfin les conséquences qui retombent de façon mathématique pourrions-nous dire…

 

Tout d’abord la prise de conscience se fait. Il raconte s’être entraîné par la contrainte pendant très longtemps, n’accordant aucune place à son ressenti personnel (jusqu’à plus de 20ans). Ce qui lui a valu une « haine du tennis », et un échec de l’entraînement forcé de la Bollettieri Academy. Echec à comprendre en terme de performance sportive et de scolarité. Sans compter une perte progressive de tout intérêt, pour quoi que ce soit, l’ayant conduit au pire versant de sa carrière. Cependant, il arrive un moment où Agassi prendra conscience de ce problème et surtout de son origine.

 

C’est alors qu’il entame un vaste questionnement qui l’amènera à rencontrer plusieurs personnes qui resteront à ses côtés jusqu’à la fin de sa carrière. Nous entrevoyons déjà la construction d’une future stabilité psychologique, à laquelle sa femme Stefanie Graf apportera le point d’honneur. La recherche nécessaire de stabilité est très importante pour le sportif en général comme pour tout homme par ailleurs. Nous citerons juste un passage : « ces gens qui m’entourent ne constituent pas un entourage mais une équipe. […] ils organisent une sorte d’éducation permanente. […] je les étudie, j’apprends à leur contact […] J’ai passé mon enfance isolé dans une prison, mes dix ans dans une salle de torture »[1]. Voici le tableau de l’athlète intérieur… bien loin des opinions médiatiques de l’époque.

 

Dernière phase, l’équipe une fois constituée passe à l’action. De nombreuses préparations sont mises en place. Mais aucune n’est globale ! Toutes visent à adapter les disciplines au corps d’Agassi et non l’inverse. Tout va dans le sens de permettre à ce champion d’exprimer tout ce dont il est capable. Son préparateur physique construit lui-même des machines sur-mesures pour son entraînement. La nutrition fait son apparition etc… progressivement plus aucun paramètre ne sera laissé au hasard.

 

 

Enfin, la conséquence de ce travail d’équipe, c’est une carrière hors norme ! Mais qui, rappelons-le, s’est déclenchée véritablement qu’une fois tout le travail de cette dernière équipe réalisé ! Il  ne détenait qu’un seul titre du grand chelem à 29 ans !!! ça laisse de quoi réfléchir… sans toute cette remise en question il ne serait resté qu’un joueur parmi d’autre… Une fois la mécanique enclenchée, seules ses douleurs physiques l’ont forcé à stopper sa carrière.

 

Sur un plan plus mental, le livre montre également l’accès progressif au surpassement. Notamment lorsqu’il retrace un match contre James Blake[2] en fin de carrière dans lequel une expérience de la zone est très nette. Par ailleurs, ce passage est intéressant parce qu’il montre que le travail sur lui-même et sur son ressenti en particulier lui a permis de jouer dans la zone. Cette possibilité est très peu fréquente en temps normal contrairement à ce qu’on entend souvent. Il s’agit d’une état mental différent pas d’un sur-jeu mais d’un autre jeu. Agassi le décrit d’ailleurs comme un état « au-delà de la réflexion ». Encore la preuve qu’il résulte d’un travail intense et non de facilités de naissance…

 

[1] Passage issu de : OPEN, André Agassi, chap 11 p 188, éd Plon.

[2] OPEN, André Agassi, chap 28, p 473 à 476, éd Plon.


Une réponse à “OPEN, l’autobiographie d’AndrĂ© Agassi”

  1. Sauveur dit :

    Oui, une belle prĂ©sentation de la vie intĂ©rieure d’Agassi, ce que je retiens c’est cette dĂ©claration dĂ©crivant la zone comme un Ă©tat au delĂ  de la rĂ©flexion. c’est bien cela, ce qui prouve bien que le seul chemin qui y mène est bien celui qui dĂ©passe la pensĂ©e analytique !

Laisser un commentaire