Quelle approche pour la compétition ?
Depuis toujours les plus grands sportifs mais aussi les artistes, les hommes d’affaires ou les chercheurs entre autres, n’ont eu de cesse que de rechercher l’excellence dans leur domaine d’activité. Depuis plusieurs années nous nous intéressons à tout ce qui peut permettre d’y parvenir, par l’observation de ceux qui ont connu ces états mais aussi sur la base d’œuvres ou ouvrages ayant abordés le sujet. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes orientés vers les travaux des experts du mental : yogis, sophrologues, bouddhistes etc… et bien évidemment ceux de psychologues, psychiatres, psychanalystes, médecins.
Il est donc ressorti de ces observations une donnée commune à toutes les orientations. C’est l’importance de la gestion de soi ou du stress. Plus largement, il s’agit de l’importance de la stabilité émotionnelle. Cette dernière recouvre toutes les émotions auxquelles la personne est sujette durant l’activité en question. Ici, puisque c’est le domaine qui nous est le plus familier, nous illustrerons ces propos à l’aide du tennis.
Appuyons-nous à présent sur des notions issues du yoga[1]. Pour faire simple, celui-ci définit l’action selon trois possibilités. Le versant physique qui recouvre la « mécanique » du corps, le versant vital rassemble l’énergie émotionnelle ou bioénergie et le versant mental ce qui est de l’ordre des pensées ou des idées.
Cette interprétation nous paraît beaucoup plus complète et plus juste que les analyses habituelles de matchs dans lesquelles, généralement, on ne se focalise que sur l’une des trois dimensions. Le préparateur physique se charge du corps, le coach se charge d’expliquer au joueur ses ressentis, ses émotions ; et le préparateur mental, nous le considérerons comme celui qui permet au joueur d’améliorer sa concentration[2]. La partie technique étant soit prise en charge à part, soit par le coach ou le préparateur physique. Nous réduisons volontairement l’entourage à trois acteurs pour des raisons de clarté. Mais bien sûr le jeu extérieur résultera donc des interactions entre ces trois acteurs, de leur synthèse au sein même du psychisme du joueur. Ce qui est logique, les meilleurs entraînements du monde ne servent à rien sans un joueur au commande. Et c’est sur ce point que nous souhaitons insister. Parce que, comment admettre que ces trois dimensions du jeu soient distinctes (divise le joueur) alors que c’est un seul et même homme qui agit. Cela nous amène à comprendre la compétition en elle-même différemment. Il doit y avoir un élément commun à ces trois dimensions qui relie toutes ces données et permet leur application. Pour nous ceci est la stabilité psychologique. nous considérons donc celle-ci indispensable au surpassement ou plus généralement à la performance.
La stabilité psychologique n’est donc pas seulement un calme émotionnel, mettant le joueur à l’abris du stress et des émotions négatives. Mais en plus de cela, un calme physique ainsi qu’un calme mental ! C’est cela qui est indispensable au joueur pour jouer dans les meilleurs conditions possibles quelques soient les circonstances extérieures. Ceci amène à une approche totalement nouvelle de la compétition. Une approche qui ne sépare pas les acteurs par spécialités mais qui les fait travailler en interrelation. Parce qu’on entrevoit qu’il peut y avoir un mental physique, émotionnel, de la pensée et qui doit donc être travailler en tant que tel. De la même façon, on pourra se pencher sur du travail physique pour « muscler »le mental ! ou encore certaines émotions qui seront utilisées au service du joueur, pour l’aider à changer telle ou telle attitude etc…
Pour nous c’est ainsi que doivent être appréhendés le joueur et la compétition, comme une discipline où tous les acteurs travaillent de concert et dans laquelle tous apprennent les uns des autres. Le joueur ne doit pas être le seul apprenant !
[1] Ces notions sont bien évidemment beaucoup plus complexes que ce qui est évoqué ici mais le but de cet article n’est pas l’exhaustivité, seulement un éclaircissement grâce à un modèle simple.
[2] La concentration est ici considérée comme un processus mental, pas une notion vague. Une focalisation de l’attention mentale sur un seul objet.