Habitudes, rituels, routines : pourquoi sont-ils efficaces … … … au début ?

23 mars 2010

            Les différents courants de la psychologie du tennis les évoquent souvent. Mais qu’y a-t-il derrière ce que l’on entend par « habitudes », « rituels » et autres « routines » ? Certains prétendent parfois qu’ils sont incontournables dans la psychologie du sport, d’autres les considèrent comme négligeables, d’autres encore totalement inutiles. Essayons donc de voir comment ces outils peuvent être mis en place et quelle est leur efficacité réelle chez le joueur.

 

            Comme toujours en psychologie du tennis, l’objectif de tout préparateur est de fournir au joueur les outils les plus adaptés pour accéder à deux choses principales :

 

1.     Une stabilité émotionnelle à toute épreuve

2.     Un bon niveau de concentration

 

Les habitudes[1] ont fait leurs preuves en psychologie dans le domaine de la stabilité mentale face à d’importantes pressions émotionnelles. En effet, tout un chacun a eu à affronter ce genre de situation. En général, ce qui nous met en danger et nous stresse est le fait d’être dans un environnement inconnu ou dans lequel on ne maîtrise rien du tout. Ancrer une habitude consiste donc à établir un « schéma psychologique » familier, associé à un fort sentiment de sécurité. Le but est que le joueur se sente « comme chez lui » lors des compétitions et donc ne ressente que très peu toutes les pressions inhérentes à celles-ci. Nous rappellerons cependant que ces méthodes ne s’appuient sur rien d’objectif, sur le plan du jeu produit. Elles mettent l’accent sur le ressenti subjectif du joueur. Cependant, une amélioration du jeu extérieur peut se remarquer chez des joueurs hyper-stressés ou très analytiques, au début tout au moins.

 

Intéressons-nous à présent à la dimension « concentration ». Nous rappellerons, très vite, que la concentration peut être définie comme étant l’action de focaliser ses pensées, son attention sur un seul et même objet. les joueurs utilisent fréquemment la balle. Une routine peut-elle être efficace sur ce plan là ?

Il semble logiquement que non. Pour la simple raison que la concentration n’est jamais automatique. Un joueur concentrĂ© est un joueur qui agit consciemment c’est Ă  dire en toute luciditĂ©, ne laissant rien au hasard. Une habitude ne demande aucune concentration Ă©tant donnĂ© que le processus est ancrĂ©, c’est Ă  dire devenu automatique. Ce qui par dĂ©finition signifie qu’il ne sollicite plus d’attention pour ĂŞtre effectuĂ©. Une illusion qui selon nous peut faire penser le contraire est souvent l’amĂ©lioration du jeu extĂ©rieur constatĂ© en dĂ©but d’utilisation d’une habitude, en pĂ©riode d’ancrage. Mais cela signifie juste que l’ancrage n’a pas encore eu lieu, et donc, que le joueur se concentre sur l’objet de son habitude : le schĂ©ma en question. Mais cela n’est en aucun cas en lien avec l’habitude. Dès que le schĂ©ma devient une routine, seul persiste le sentiment subjectif de sĂ©curitĂ© Ă©voquĂ© en première partie… Mais l’effet sur la concentration, mesurable Ă  la quantitĂ© d’erreurs non-provoquĂ©es dans le jeu produit, n’intervient plus.

 

En résumé, une habitude prive donc de la concentration ou du moins n’en permet aucune amélioration  objective. Cependant, elle peut permettre d’agir sur les tensions émotionnelles dans une certaine mesure… mais des œillères sont-elles véritablement une solution durable ? … ceci est une autre question…


[1] Habitudes, rituels ou routines seront utilisés ici sans distinction.

OPEN, l’autobiographie d’AndrĂ© Agassi

15 mars 2010

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            Nous souhaitions revenir sur l’ouvrage rĂ©cent de cet immense champion qu’est AndrĂ© Agassi. Tout au long du texte nous dĂ©couvrons le parcours extrĂŞmement difficile qu’il a dĂ» arpenter pour parvenir Ă  la carrière qui a Ă©tĂ© la sienne : n°1 mondial, 8 tournois du grand chelem sur les 4 surfaces diffĂ©rentes et une mĂ©daille d’or Olympique pour faire court…

Ce livre montre bien l’importance de la stabilité psychologique dont nous parlions dans l’article « Quelle approche pour la compétition ? ». Nous apporterons donc un regard particulier sur le récit d’Agassi que nous diviserons en trois phases principales qui, selon nous, illustrent bien la démarche de celui que Dan Millman a nommé : « l’athlète intérieur » ; celui qui vit les choses, pas le sujet de discussion des observateurs extérieurs. Ces trois phases semblent se succéder dans l’ordre suivant : la prise de conscience de ce qui lui permettra l’accès au plus haut niveau, puis la recherche des moyens concrets pour y arriver, et le passage à l’action. Nous évoquerons enfin les conséquences qui retombent de façon mathématique pourrions-nous dire…

 

Tout d’abord la prise de conscience se fait. Il raconte s’être entraîné par la contrainte pendant très longtemps, n’accordant aucune place à son ressenti personnel (jusqu’à plus de 20ans). Ce qui lui a valu une « haine du tennis », et un échec de l’entraînement forcé de la Bollettieri Academy. Echec à comprendre en terme de performance sportive et de scolarité. Sans compter une perte progressive de tout intérêt, pour quoi que ce soit, l’ayant conduit au pire versant de sa carrière. Cependant, il arrive un moment où Agassi prendra conscience de ce problème et surtout de son origine.

 

C’est alors qu’il entame un vaste questionnement qui l’amènera à rencontrer plusieurs personnes qui resteront à ses côtés jusqu’à la fin de sa carrière. Nous entrevoyons déjà la construction d’une future stabilité psychologique, à laquelle sa femme Stefanie Graf apportera le point d’honneur. La recherche nécessaire de stabilité est très importante pour le sportif en général comme pour tout homme par ailleurs. Nous citerons juste un passage : « ces gens qui m’entourent ne constituent pas un entourage mais une équipe. […] ils organisent une sorte d’éducation permanente. […] je les étudie, j’apprends à leur contact […] J’ai passé mon enfance isolé dans une prison, mes dix ans dans une salle de torture »[1]. Voici le tableau de l’athlète intérieur… bien loin des opinions médiatiques de l’époque.

 

Dernière phase, l’équipe une fois constituée passe à l’action. De nombreuses préparations sont mises en place. Mais aucune n’est globale ! Toutes visent à adapter les disciplines au corps d’Agassi et non l’inverse. Tout va dans le sens de permettre à ce champion d’exprimer tout ce dont il est capable. Son préparateur physique construit lui-même des machines sur-mesures pour son entraînement. La nutrition fait son apparition etc… progressivement plus aucun paramètre ne sera laissé au hasard.

 

 

Enfin, la conséquence de ce travail d’équipe, c’est une carrière hors norme ! Mais qui, rappelons-le, s’est déclenchée véritablement qu’une fois tout le travail de cette dernière équipe réalisé ! Il  ne détenait qu’un seul titre du grand chelem à 29 ans !!! ça laisse de quoi réfléchir… sans toute cette remise en question il ne serait resté qu’un joueur parmi d’autre… Une fois la mécanique enclenchée, seules ses douleurs physiques l’ont forcé à stopper sa carrière.

 

Sur un plan plus mental, le livre montre également l’accès progressif au surpassement. Notamment lorsqu’il retrace un match contre James Blake[2] en fin de carrière dans lequel une expérience de la zone est très nette. Par ailleurs, ce passage est intéressant parce qu’il montre que le travail sur lui-même et sur son ressenti en particulier lui a permis de jouer dans la zone. Cette possibilité est très peu fréquente en temps normal contrairement à ce qu’on entend souvent. Il s’agit d’une état mental différent pas d’un sur-jeu mais d’un autre jeu. Agassi le décrit d’ailleurs comme un état « au-delà de la réflexion ». Encore la preuve qu’il résulte d’un travail intense et non de facilités de naissance…

 

[1] Passage issu de : OPEN, André Agassi, chap 11 p 188, éd Plon.

[2] OPEN, André Agassi, chap 28, p 473 à 476, éd Plon.


Quelle approche pour la compétition ?

14 mars 2010

Depuis toujours les plus grands sportifs mais aussi les artistes, les hommes d’affaires ou les chercheurs entre autres, n’ont eu de cesse que de rechercher l’excellence dans leur domaine d’activité. Depuis plusieurs années nous nous intéressons à tout ce qui peut permettre d’y parvenir, par l’observation de ceux qui ont connu ces états mais aussi sur la base d’œuvres ou ouvrages ayant abordés le sujet. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes orientés vers les travaux des experts du mental : yogis, sophrologues, bouddhistes etc… et bien évidemment ceux de psychologues, psychiatres, psychanalystes, médecins.

Il est donc ressorti de ces observations une donnée commune à toutes les orientations. C’est l’importance de la gestion de soi ou du stress. Plus largement, il s’agit de l’importance de la stabilité émotionnelle. Cette dernière recouvre toutes les émotions auxquelles la personne est sujette durant l’activité en question. Ici, puisque c’est le domaine qui nous est le plus familier, nous illustrerons ces propos à l’aide du tennis.

Appuyons-nous à présent sur des notions issues du yoga[1]. Pour faire simple, celui-ci définit l’action selon trois possibilités. Le versant physique qui recouvre la « mécanique » du corps, le versant vital rassemble l’énergie émotionnelle ou bioénergie et le versant mental ce qui est de l’ordre des pensées ou des idées.

Cette interprétation nous paraît beaucoup plus complète et plus juste que les analyses habituelles de matchs dans lesquelles, généralement, on ne se focalise que sur l’une des trois dimensions. Le préparateur physique se charge du corps, le coach se charge d’expliquer au joueur ses ressentis, ses émotions ; et le préparateur mental, nous le considérerons comme celui qui permet au joueur d’améliorer sa concentration[2]. La partie technique étant soit prise en charge à part, soit par le coach ou le préparateur physique. Nous réduisons volontairement l’entourage à trois acteurs pour des raisons de clarté. Mais bien sûr le jeu extérieur résultera donc des interactions entre ces trois acteurs, de leur synthèse au sein même du psychisme du joueur. Ce qui est logique, les meilleurs entraînements du monde ne servent à rien sans un joueur au commande. Et c’est sur ce point que nous souhaitons insister. Parce que, comment admettre que ces trois dimensions du jeu soient distinctes (divise le joueur) alors que c’est un seul et même homme qui agit. Cela nous amène à comprendre la compétition en elle-même différemment. Il doit y avoir un élément commun à ces trois dimensions qui relie toutes ces données et permet leur application. Pour nous ceci est la stabilité psychologique. nous considérons donc celle-ci indispensable au surpassement ou plus généralement à la performance.

La stabilité psychologique n’est donc pas seulement un calme émotionnel, mettant le joueur à l’abris du stress et des émotions négatives. Mais en plus de cela, un calme physique ainsi qu’un calme mental ! C’est cela qui est indispensable au joueur pour jouer dans les meilleurs conditions possibles quelques soient les circonstances extérieures. Ceci amène à une approche totalement nouvelle de la compétition. Une approche qui ne sépare pas les acteurs par spécialités mais qui les fait travailler en interrelation. Parce qu’on entrevoit qu’il peut y avoir un mental physique, émotionnel, de la pensée et qui doit donc être travailler en tant que tel. De la même façon, on pourra se pencher sur du travail physique pour « muscler »le mental ! ou encore certaines émotions qui seront utilisées au service du joueur, pour l’aider à changer telle ou telle attitude etc…

Pour nous c’est ainsi que doivent être appréhendés le joueur et la compétition, comme une discipline où tous les acteurs travaillent de concert et dans laquelle tous apprennent les uns des autres. Le joueur ne doit pas être le seul apprenant !



[1] Ces notions sont bien évidemment beaucoup plus complexes que ce qui est évoqué ici mais le but de cet article n’est pas l’exhaustivité, seulement un éclaircissement grâce à un modèle simple.

[2] La concentration est ici considérée comme un processus mental, pas une notion vague. Une focalisation de l’attention mentale sur un seul objet.

Le jeu intérieur du joueur

4 mars 2010

ImaginĂ© par le cĂ©lèbre Coach amĂ©ricain Timothy Gallwey dans son ouvrage ‘”Tennis et Psychisme” paru en 1977, cette expression recouvre un large Ă©ventail de l’Expression tennistique de CompĂ©tition chez le joueur.

Jugez-en plutĂ´t :

Le jeu intérieur comprend :

  • Toutes les mĂ©moires de jeu du joueur, que l’on pourrait schĂ©matiser ainsi :
  1. La mĂ©moire profonde dite procĂ©durale : Elle est non accessible Ă  la pensĂ©e (inconsciente) c’est la mĂ©moire instinctive du jeu, ses automatismes gestuels et techniques
  2. La mĂ©moire Ă©motionnelle du jeu : Les Ă©motion liĂ©es Ă  telle ou telle action tennistique, telle surface, tel adversaire, telle situation….., Ă©galement inaccessible Ă  la pensĂ©e (inconscient)
  3. La mĂ©moire rapprochĂ©e, de fonctionnement : Nous y situerons, les tactiques, les situations redoutĂ©es de manière consciente, toutes les pensĂ©es nĂ©es de situation mĂ©morisĂ©es de manière conscientes et rĂ©utilisĂ©es comme expĂ©rience nĂ©gatives Ă  Ă©viter ou comme positive Ă  rĂ©itĂ©rer…..
  • Les entitĂ©s dynamiques influant sur l’expression de jeu :
    1. L’EGO : Il comprend toutes les mĂ©moires acquises par l’expĂ©rience + la pensĂ©e toujours surgie de cette expĂ©rience, dans notre vocabulaire et dans celui du très grand philosophe et YOGI, JiddĂą Krishnamurti, il s’agit du mental, que nous diffĂ©rencierons toujours du psychisme global de l’ĂŞtre. L’ego est donc le siège du moi du “JE” du joueur
    2. La persona : Elle est le miroir de ce que je veux paraĂ®tre au yeux de mon entourage, de mon club, de mes entraĂ®neurs, de la presse si je suis dĂ©jĂ  une vedette…. Le “Sur jeu” souvent rencontrĂ© chez les joueurs de club, et qui se traduit par de nombreuses erreurs, en est l’expression la plus visible…. La persona consomme Ă©normĂ©ment d’Ă©nergie, elle Ă©puise celui qui la pousse devant lui comme un masque…. Le sage n’a t-il pas dit qu’il vaut mieux ĂŞtre vrai que fort ?
    3. L’image de soi : DĂ©couverte au cours de ces dernières dĂ©cennies par les psychocybernĂ©ticiens dont Maxwell MALTZ, l’image de soi est inconsciente, donc inaccessible Ă  la pensĂ©e. Mais elle influe grandement sur le joueur…. En effet cette image doit ĂŞtre juste, adaptĂ©e Ă  ces facultĂ©s et sans cesse alimentĂ©es par des pensĂ©es formulĂ©es positivement.Dans le cas contraire, elle a une incroyable puissance. Un exemple, si, vous avez une pensĂ©e de doute qui vous envahit au moment de servir…. Il vous sera impossible de rĂ©ussir votre mise en jeu… Tout simplement parce que cette entitĂ© dynamique, l’IMAGE DE SOI, croyant que vous dĂ©sirez Ă©chouer, vous poussera Ă  la faute……

+ d’infos, un ouvrage de l’auteur, que vous pouvez tĂ©lĂ©charger “Le Tennis un Yoga de la Vie’

200 pages et de nombreux exercices

200 pages et de nombreux exercices

Bonjour tout le monde !

3 mars 2010

Bienvenue Ă  tous, vous qui vous intĂ©ressez au tennis et Ă  sa psychologie, ce blog est consacrĂ© Ă  cette partie cachĂ©e de l’iceberg et nĂ©anmoins essentielle, la partie intĂ©rieure du joueur ou de la joueuse, sa motivation, ses pensĂ©es, son stress, ses Ă©motions…….

Nous pourrons ici nous exprimer totalement sur ce sujet, n’hĂ©sitez pas Ă  ouvrir votre compte afin de mieux y suivre articles et commentaires qui ne manqueront pas d’y ĂŞtre bientĂ´t publiĂ©s…..

A bientĂ´t !